Réalisation — Mougins
Rénovation lourde et surélévation d’une villa de 450 m² à Mougins
Trois ans de travaux, plus de dix-huit corps d’état, un permis de démolir refusé et un projet entièrement redessiné autour de cette contrainte. Une villa reprise en profondeur, provençale au rez-de-chaussée, californienne à l’étage.
- Lieu
- Mougins (06)
- Surface
- 450 m²
- Livraison
- 2023
- Durée
- 3 ans
- Mission
- Mission complète
- Entreprises
- Plus de 18

Le projet
Le programme tenait en une idée : de grands volumes épurés, où la technique ne se voit pas. Pas de retombées de plafond parasites, pas de coffres, pas de grilles qui trahissent un passage de gaine. Ce parti pris paraît simple à l’énoncé ; il commande en réalité tout le chantier, parce qu’il oblige à décider très tôt où passent les réseaux, et à ne plus en dévier ensuite.
L’écriture architecturale mêle deux registres. Le rez-de-chaussée reste provençal, dans la continuité de la maison et du lieu, avec des volumes largement ouverts. L’étage assume une inspiration californienne — lignes tendues, grandes ouvertures, sobriété des matériaux — sans jamais se détacher de ce qui l’accueille. Le mariage ne fonctionne que si le raccord est traité comme un projet en soi.



Un refus de démolition qui a redessiné le projet
Le démarrage a été long. Aux contraintes techniques s’est ajouté le refus de l’autorisation de démolir la villa existante.
C’est une situation que beaucoup découvrent trop tard. À Mougins, le document d’urbanisme cherche à contenir l’urbanisation dans les limites déjà bâties et à préserver le caractère architectural de la commune. Une construction ancienne bénéficie souvent de droits acquis que la démolition fait disparaître : reconstruire, c’est repartir des règles actuelles — implantations, hauteurs, emprise — et parfois découvrir qu’on ne pourrait plus rebâtir ce qui existait.
Nous avons donc changé de stratégie plutôt que de contester. Conserver l’existant, et gagner la surface autrement.
Conserver, puis surélever
La villa a été conservée et surélevée d’un niveau pour y installer le coin nuit. Cette solution a permis de tenir le programme sans démolir, mais elle transforme un chantier de rénovation en opération structurelle : il faut vérifier ce que l’existant peut porter, reprendre ce qui ne suffit pas, et concevoir un étage dont l’écriture s’intègre à une architecture qu’on n’a pas choisie.
C’est aussi ce qui explique la durée. Trois ans, ce n’est pas un chantier qui traîne : c’est un chantier où l’on a repris la conception après le refus, et où chaque intervention s’est faite sur une structure existante, avec les surprises que cela réserve.



Dix-huit corps d’état, une seule ligne directrice
Plus de dix-huit entreprises sont intervenues sur cette opération. Gros œuvre, structure, menuiseries, électricité, plomberie, climatisation, plâtrerie, revêtements, finitions. Chacune avec ses délais, ses contraintes d’accès, ses interfaces avec les autres.
Faire disparaître la technique derrière des volumes épurés suppose que ces dix-huit interventions aient été coordonnées à l’avance, pas arbitrées au fil de l’eau. Un réseau mal anticipé, et c’est un faux plafond de plus, une gaine apparente, un compromis visible pour toujours.
Une surélévation ne se juge pas à l’étage qu’elle ajoute, mais au raccord qu’elle réussit avec ce qui était déjà là.



Pendant les travaux
Quatre étapes du chantier, dans l’ordre où elles se sont enchaînées. La dernière est prise sous le même angle que la façade en tête de page : c’est la même maison, avant et après.




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